Sélectionner une page

Error. Page cannot be displayed. Please contact your service provider for more details. (20)

« Comment j’ai su… » – La cascade

 Anne-Fleur, 35 ans parle de « Comment elle a su » que Fred, 42 ans, était la bonne personne.

« Ca faisait déjà quelques mois qu’on se voyait.

Et puis, on a décidé de prendre des vacances ensemble. Grande première, vu nos emplois du temps, les 200 kilomètres qui nous séparaient et la garde alternée de ses 2 enfants, mais on avait réussi à se dégoter cinq  jours ensemble.

« Et si on allait en Ardèche ? » me demanda-t-il un soir, « pourquoi pas » je répondais…

C’était exactement à cette période que je me disais que notre histoire était fragile, que ça n’allait pas forcément durer. Je pensais à ce « déclic » que je n’avais pas vraiment eu.

Il me plaisait, je me sentais bien avec lui, il me faisait beaucoup rire mais envisager un avenir ensemble, vivre ensemble… c’était encore loin de mes pensées, voire même j’y songeais de moins en moins.

Et puis, on partait en Ardèche.

Tout se passait bien, on aime tous les deux le trekking, il était donc naturel de se faire les rivières et les randos à ne pas manquer.

Puis ce fut le cinquième jour, le jour du départ. On avait prévu de quitter les lieux en fin d’après-midi et de se faire une dernière petite marche le matin.

Une balade tranquille avant la route, tellement tranquille et décontracté, qu’on oubliait nos chaussures de marche et on est parti en tongs…

Pas grave, on entame notre légère marche en remontant la rivière et on arrive même à la petite cascade finale.

Là, Fred me regarde avec un air tellement triste que j’ai d’abord cru qu’il allait m’annoncer quelquechose de très grave.

Puis, d’une voix solennelle, il me dit « je vais galérer …» en me montrant du regard sa tong gauche… cassée.

Trois phénomènes se sont passés instantanément, dans mon corps, en un millième de seconde.

Des frissons, une envie irrémédiable de le prendre dans mes bras et une envie de rire.

J’ai ri. J’ai vraiment beaucoup ri. J’ai même pris une photo de la tong inutilisable, en riant.

Je n’ai rien montré, je ne l’ai pas pris dans mes bras, mon cerveau a juste commencé en quelques secondes à se mettre à chercher une solution…

Je m’agitais doucement pour regarder dans la nature autour de moi si je trouvais une chose improbable pour résoudre ce fâcheux problème, je me suis arrêtée, je l’ai regardé naturellement, j’étais à quelques mètres de lui, et c’est à ce moment que je me suis dit que c’était l’homme de ma vie.

Pourquoi ? Je ne le sais toujours pas. J’ai juste su à ce moment précis, que c’est avec lui que je voulais passer toutes mes nuits, avec lui que je voulais tout partager. Et que plus rien ne sera comme avant. Mais doucement. Il a compris maintenant…

Raconté comme ça, une histoire de tong cassée, c’est tout de suite moins glamour, mais le sentiment qui était là, en moi, était bien réel, et le plus beau c’est qu’il persiste et je dirais même qu’il est de plus en plus fort. »

Célina